
Les malades qui relèvent des consultations de posturologie font partie de ceux qui souffrent de douleurs rebelles aux traitements classiques. La douleur devenue chronique représente une véritable maladie pour ces patients qui ont connu les errements diagnostiques et les échecs thérapeutiques. La prise en charge de tels patients représente un véritable défi pour le praticien. Le patient douloureux chronique apparaît souvent revendicateur, accusant la médecine d'être responsable, lorsque le soulagement espéré n'arrive pas : il s'installe une double culpabilité, d'échec de la part du médecin et du patient qui ne "répond pas " comme attendu. Le risque est alors celui du rejet mutuel. Un certain nombre de conseils peuvent être bénéfique pour créer une relation de confiance entre le professionnel et le patient douloureux chronique. Premièrement, le patient doit avoir le sentiment d'être cru quant à la réalité de sa souffrance et de sa douleur. Le praticien doit éviter les préjugés concernant une organicité systématique, une cause psychologique systématique ou encore une éventuelle recherche de bénéfices secondaires. Les mauvaises interprétations de la douleur retenues par le patient, seront rectifiées et la pathologie sera expliquée en termes simples et compréhensibles par le patient [1, 2, 3, 4]. Avant de proposer un traitement, le patient et le praticien doivent admettre que la médecine moderne ne peut pas tout résoudre et que la pathologie chronique risque de persister quelque soient les efforts consentis. La prise en charge comporte deux phases : l'évaluation et le traitement [5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12]. La prise en charge posturale est longue et difficile, l'implication du patient est indispensable pour la réussite des protocoles. Une équipe médicale collégiale, au discours unifié, est un élément capital pour le traitement efficace de cette pathologie responsable de douleurs chroniques.
- [1] BOUREAU F. - Pratique du traitement de la douleur. Paris, Doin, 1988
- [2] QUENEAU P., OSTERMANN G.-Le Médecin, le Malade et la douleur. Masson ed. 2000..
- [3] QUENEAU P. - Troubles psychiques au cours des maladies ostéo-articulaires EMC 37670 A30 10-1985 1-6.
- [4] SCHWOB M. - Entendre la douleur. Paris, Egic-Jouillié, 1984.
- [5] BIRD H. A., DIXON J.S.- The measurement of pain. In : Wright V. (eds), Espace Clinical Rheumatology Pain. London, Baillière Tindal, 1987.
- [6] BOUREAU F., LUU M., DOUBRERE J.F., GAY C. - Élaboration d'un questionnaire d'auto-évaluation de la douleur par liste de qualificatifs. Comparaison avec le Mc Gill Pain Questionnaire de Melzack. Thérapie, ,39, 119-139.
- [7] BOURREAU F, DOUBRERE J.F, LUU M. - Les méthodes d'évaluation de la douleur clinique. In : Simon L. (eds), La douleur chronique. Masson, Paris, 1985,
- [8] BOURHIS A., SPITAHER J.M. - La douleur maladie en carcinologie. Biol. Med., 1970, 59, 427-458.
- [9] BOUVENOT G. - Les échelles unidimensionnelles d'auto-évaluation de la douleur. In : Eschwège E., Bouvenot G., Doyon F., Lacroux A. - Essais thérapeutiques : Mode d'emploi. Paris, INSERM,1990.
- [10] FORCYTE W.E. - Behavioral Methods for Chronic Pain and Illness. Saint-Louis, The Cv MosbyCompany, 1976.
- [11] MELZACK R. - The Mc Gill Pain Questionnaire : major properties and scoring methods. Pain, 1975,1, -299.
- [12] MELZACK R. - Pain Measurement and Assessment. New York, Raven Press, 1983.