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PIED, MUSCLES, EQUILIBRE ET MOUVEMENTS

Jean-Claude GAILLET
Ostéopathe

L'équilibre, le mouvement, obéissent à des règles complexes.La partie consciente du cerveau donne un ordre : je veux marcher d'un point A à un point B. A partir de ce moment un enchaînement, une succession hiérarchisée de protocoles vont se dérouler : de la perception de l'espace et d'obstacles par les yeux jusqu'à la mise en action des muscles nécessaires pour effectuer les différents mouvements.

Les muscles sont régis par un programme découlant de la mémorisation du mouvement. On peut reconnaître la démarche d'un proche, son écriture, ou le geste d'un sportif (le service de Mac Enroe par exemple, si particulier, si personnel). Cette mémoire du geste, du mouvement, de notre équilibre postural, est un élément fondamental qui gère l'activité des muscles. Pour corriger un mouvement, une posture, il est possible de modifier les informations perçues par la multitude de capteurs situés dans la peau, les tendons, les muscles, les articulations, etc. Il est également possible d'intervenir mécaniquement sur un segment avec une orthèse, voire avec un geste chirurgical pour modifier une posture.

La physiologie musculaire est différente selon que le sujet est en décubitus ou en charge (chaîne ouverte en décharge, chaîne fermée en charge). Par exemple  : chez le sujet couché la stimulation d'un ou des jumeaux entraîne une mise en extension du pied. Chez le sujet en charge, cette même stimulation entraîne une rétropulsion de la jambe et du sujet. La contraction d'un seul jumeau favorisera également la rotation interne ou externe de l'axe jambier. Car les muscles principaux intervenant dans la posture ont une action de rotation en même temps que de flexion ou extension s'ils sont stimulés isolément en chaîne fermée. En effet, les insertions sont le plus souvent orientées à 45° (patte d'oie, J.P, J.A., etc). Cette mise en rotation est favorisée par le fait que 2 points d'appui sont prédominants sous le pied : 1 sous l'arrière-pied et 1 seul sous l'avant-pied, le pied étant placé ainsi sur un axe fonctionnel (à l'image d'un patin à glace) le déplacement de ses points sur un axe frontal déterminant le degré de rotation.

Nous avons pu montrer dans un récent travail publié dans « Clinical Biomechanics » 19 (2004) 1066-1069 (J.C. GAILLET, J.C. BIRAUD, M. BESSOU, P. BESSOU), que la contraction électro-conduite d'un muscle en chaîne fermée modifiait la posture, et que cette modification se prolongeait dans le temps et même augmentait de manière significative. Ceci ouvre la voie à une approche nouvelle dans la gestion des troubles de la posture, de l'équilibre et du mouvement, en association possible avec d'autres techniques(ostéopathie, podologie, etc...)

La correction d'un trouble de la posture s'avère souvent nécessaire, parfois indispensable chez le sportif. En effet, selon la nature du sport, un trouble statique peut générer des douleurs, voire affecter des performances. Ceci est surtout valable dans les sports unidirectionnels (course à pieds, fond et grand fond) où la répétition permanente du même geste est source de pathologie.On a pu constater également que dans les sports de précision (Golf, service de tennis, tir, etc...) une correction posturale, même minime, peut améliorer la performance.

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